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0060 — Consignation des reconnaissances multi-agents pré-implémentation

L’ADR 0039 a cadré l’audit transverse : un workflow multi-agents (Claude Code) qui lit le code et vérifie ses constats de manière adversariale, produisant un rapport daté et figé dans docs/audit/, conduit chaque trimestre et comparé au précédent.

Mais le même outil — un workflow d’agents en éventail (fan-out de lecture, vérification adversariale, synthèse) — sert un second usage, distinct et de plus en plus fréquent : la reconnaissance ponctuelle avant d’écrire du code. Avant chaque lot du chantier producteur researchers (plan, ADR 0059), une reconnaissance a cartographié le terrain réel (modèles dbt existants pris comme gabarits, forme exacte du brut, état des fixtures, frontières entre lots), levé les points durs que le plan laissait « à confirmer sur le code », et rendu un verdict GO / NO-GO assorti des décisions à trancher avec le mainteneur.

Ces reconnaissances ont une valeur de trace : elles expliquent pourquoi le code a pris la forme qu’il a (quel gabarit suivi, quelle hypothèse retenue faute de preuve dans le repo, quel seuil choisi et contre quelle alternative). Or, conduites en session, elles s’évaporent dans l’historique de conversation — la décision survit dans le code et les ADR, mais le cheminement vérifié qui y a mené n’est consigné nulle part. Rien ne dit non plus quand en produire une, ni quoi y mettre, ni la ranger. L’audit transverse a sa cadence et son dossier ; la reconnaissance pré-lot n’a ni l’un ni l’autre.

Deux écueils si on ne tranche pas :

  1. Confusion avec l’audit transverse. Les ranger pêle-mêle brouillerait la cadence trimestrielle de l’ADR 0039 (un audit transverse mesure l’état du dépôt ; une reconnaissance prépare un changement précis) et fausserait la comparaison T vs T-1.
  2. Sur-process. Imposer un compte-rendu pour la moindre exploration tuerait l’outil : la plupart des recons sont jetables (vérifier un fait, localiser un symbole).

Une reconnaissance multi-agents conduite pour préparer un changement structurant est consignée dans un compte-rendu daté sous docs/audit/, distinct de l’audit transverse trimestriel. La consignation est réservée aux reconnaissances dont le résultat oriente une décision ou un lot de travail ; les explorations jetables ne sont pas consignées.

En conséquence :

  • Même dossier, deux natures. Les comptes-rendus de reconnaissance vivent dans docs/audit/, aux côtés des audits transverses, sous la convention existante (YYYY-MM-DD-titre.md, frontmatter title, entrée dans audit/index.md). La colonne Méthode de l’index dit déjà la nature ; on y ajoute le type (reconnaissance vs audit transverse) pour ne pas les confondre. La cadence trimestrielle de l’ADR 0039 ne s’applique qu’aux audits transverses : une reconnaissance est par nature hors-calendrier, déclenchée par le travail qu’elle prépare.
  • Critère de consignation (le « structurant »). On consigne quand la reconnaissance remplit au moins un de ces critères : elle précède un lot livrable (PR) d’un chantier planifié ; elle tranche une hypothèse que le plan ou l’ADR laissait à confirmer sur le code ; elle rend un GO / NO-GO assorti de décisions du mainteneur. Sinon (localiser du code, vérifier un fait isolé, explorer une piste abandonnée) : pas de compte-rendu.
  • Contenu minimal. Un compte-rendu porte : l’objectif (le changement préparé) ; les agents lancés (axes de recherche, en éventail) ; les constats prouvés par le code (chemin:ligne) ; les hypothèses non confirmables depuis le repo, dites comme telles (jamais inventées) ; les décisions tranchées avec le mainteneur et leurs alternatives écartées ; le verdict GO / NO-GO. Un gabarit réutilisable est fourni dans audit/index.md.
  • Honnêteté de la trace. Un compte-rendu ne prononce pas de vérité sur le code qu’il ne prouve pas : une hypothèse de travail non vérifiée (ex. la forme exacte d’un brut absent du repo, validée plus tard au banc réel) est étiquetée comme telle, fidèle à la documentation vérifiable. C’est une trace point-in-time : elle reflète le terrain au moment de la reconnaissance, pas un état vivant.
Audit transverse (ADR 0039)Reconnaissance (cet ADR)
Mesurel’état du dépôt à un instant Tle terrain d’un changement précis
Déclencheurcadence trimestrielle (rappel automatisé)un lot/une décision à préparer
ComparaisonT vs T-1 (dérive)aucune (jetée une fois le lot livré)
Sortiefindings → issues/ADR/planGO/NO-GO + décisions du mainteneur

Les deux partagent l’outil (workflow multi-agents, vérification adversariale), le dossier (docs/audit/) et l’exigence de preuve par le code — d’où le même foyer, distingués par leur nature, pas séparés en silos.

Accepted (2026-06-13). Étend l’ADR 0039 (qui ne couvrait que l’audit transverse trimestriel) à un second usage du même outil, sans le contredire : la cadence trimestrielle reste le plancher des audits transverses ; cet ADR ajoute la consignation des reconnaissances ponctuelles. Ne remet en cause aucun ADR.

Bénéfices.

  • Le cheminement vérifié qui mène à une décision survit au-delà de la session : on sait pourquoi un lot a pris sa forme (gabarit suivi, hypothèse retenue, seuil choisi contre quelle alternative), pas seulement *ce qu’*il fait.
  • La revue de PR dispose d’un contexte daté : une divergence assumée (ex. un seuil qui s’écarte du plan) est tracée et justifiée, pas lue comme une erreur.
  • L’outil reste léger : seules les reconnaissances structurantes sont consignées, les explorations jetables ne paient aucun coût de process.

Prix à payer.

  • Un compte-rendu a un coût rédactionnel (au-delà du coût en jetons de la reconnaissance elle-même) ; le critère « structurant » borne ce coût aux cas qui le méritent, au prix d’un jugement à chaque fois (où est la frontière du jetable ?).
  • La trace est point-in-time et peut vieillir : un compte-rendu décrit le terrain au moment T, pas l’état courant — d’où l’étiquetage explicite des hypothèses non vérifiées.

Garde-fous.

  • Un compte-rendu ne prononce ni conformité ni vérité non prouvée : il distingue le constat (cité chemin:ligne) de l’hypothèse (étiquetée), fidèle à l’ADR 0028.
  • La cadence trimestrielle de l’ADR 0039 n’est pas diluée : une reconnaissance ne compte jamais comme l’audit transverse du trimestre (natures distinctes, marquées dans l’index).
  • Les comptes-rendus respectent pnpm audit:docs (liens internes valides, page non-orpheline via l’autogenerate du dossier audit/) comme toute page de la doc.